Victoire pour les steaks et burgers végétaux !

Le 8 décembre 2020

Alors qu'il était question d'interdire les appellations "steaks végétaux" et autres alternatives végétales, le parlement européen a voté contre cette proposition de loi. Reste la problématique des yaourts et fromages végétaux.

Les steaks végétaux, objets de discorde

Dans notre article “STEAKS VÉGÉTAUX : NOUVELLE MENACE À L’ÉCHELLE DE L’UE” (Clémence Landeau, 13 juin 2019), nous indiquions que les steaks végétaux et autres “burgers veggie”, étaient objets de discorde. En effet, il était question au niveau européen de retirer la possibilité d’utiliser de telles appellations pour des produits tels que des steaks, saucisses, escalopes, burgers, ne contenant pas de viande animale. Il était ainsi jugé que “Ces indications entretiennent la confusion dans l’esprit du consommateur en utilisant le vocabulaire carné pour présenter certains produits végétariens ou végétaliens”.

Pourtant, comme le signalait Clémence Landeau, “aucune donnée statistique ou étude ne permet de confirmer que l’emploi de ce type de termes sur des produits végétariens et véganes suscite la confusion parmi les consommateur·rice·s.”

Parmi les arguments classiques pour condamner ces appellations, on juge hypocrite et contradictoire le fait de vouloir à la fois lutter contre la consommation de viande et de nommer des produits végétaux en référence à des produits animaux. 

Des arguments pour l’appellation de ces alternatives végétales

Or, certains termes tels que “burger”, “saucisse”, “fromage”, ne sont pas, étymologiquement, associés à des produits animaux. D’autre part, les emplois dérivés ou métamorphiques, tels que “spaghettis de courgettes” ou “carpaccio de betteraves” sont un procédé linguistique largement répandu. De même, “revisiter” un plat, ou imiter une forme, texture, est une démarche classique qui part nécessairement d’un objet référent. 

Dans une culture culinaire française qui met la viande ou le poisson au centre de l’assiette, les légumes au rang de simple accompagnement, et qui méconnaît globalement les légumineuses, disposer de simili-carnés est une aide efficace à la transition vers une alimentation plus végétale. 

Le vendredi 23 octobre 2020, le parlement européen a voté, à une large majorité, contre cette proposition de loi. La mention végétale vise d’ailleurs à clarifier la composition du steak (ou du burger, des saucisses) et n’a pas lieu de créer de la confusion pour les consommateurs. 

Un autre combat : lait, yaourt et fromage végétaux

Si cette décision est encourageante pour les populations végétariennes et véganes de France, reste la question des laits, yaourts et fromages végétaux, qui pour l’instant n’a pas la faveur des eurodéputés. En effet, ces derniers ont approuvé un amendement bannissant ces différentes appellations, pour des produits (alimentaires et non-alimentaires) qui ne contiennent pas de lait animal. Espérons que le parlement saura faire preuve de bon sens dans la prise de décision. Par ailleurs, l’interdiction de l’appellation des “laits végétaux” pourrait entraîner, dans le domaine de la cosmétique, une remise en question d’expressions d’usage courant aujourd’hui, comme “lait démaquillant”, “beurre de karité” ou “de coco”.

Ceci étant dit, ce rejet de proposition de loi est une bonne nouvelle pour le marché des produits à base de “viande végétale”, et mène à un changement à long terme pour la protection des animaux, de l’environnement et de la biodiversité.