Produits végétariens et véganes : mieux les définir pour mieux les reconnaître

par L'équipe du V-Label, le 30 novembre 2018

Le V-Label atténue peu à peu le flou sémantique observable dans les rayons végétariens et véganes.

Un article de Clémence Landeau

Début novembre, un collectif de sept citoyens européens a demandé à ce que soit mis en place, dans chaque Etat-Membre de l’Union Européenne, un étiquetage obligatoire permettant de distinguer les produits alimentaires selon trois catégories (non-végétarien, végétarien, végétalien). Cette initiative souligne un besoin : celui de clarifier les termes communément associés aux produits alimentaires ne contenant pas de (sous-) produits animaux en leur associant des définitions pertinentes et réalistes. Explications.

Un flou sémantique source de confusion

« Pour un meilleur étiquetage des produits végétariens en Europe« . Voici la raison pour laquelle un petit groupe de citoyens européens a déposé auprès de la Commission Européenne, en novembre 2018, une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) (1) appelant à une distinction obligatoire des produits alimentaires selon leur appartenance à l’une des catégories suivantes : « non-végétarien », « végétarien » et « végétalien ». La démarche s’inspire du modèle indien d’étiquetage des produits alimentaires.
Selon le collectif, les « personnes suivant un régime végétarien ou végétalien peinent toujours avec les labels alimentaires et la liste des ingrédients lorsqu’elles font leurs courses en Europe« . Dans les faits, il n’existe toujours pas à ce jour, que ce soit à l’échelle de la France ou à celle de l’Union Européenne (bien que l’Union Européenne ait été appelée par l’EU Food Information to Consumers Regulation à traiter la question dès 2011), de définition légale contraignante des mots « végétarien », « végétalien », ou encore « végane ». Par conséquent, les producteurs et distributeurs peinent parfois à savoir quelle allégation inscrire sur l’emballage de leurs produits. Ils peuvent donc employer certains termes dont ils ont une interprétation propre, interprétation qui peut cependant ne pas toujours correspondre à l’interprétation ou aux attentes des consommateurs.

Le V-Label, seul guide international fiable et transparent

Les initiateurs de l’ICE révèlent un besoin ; celui de contrer le flou sémantique autour des articles ne contenant pas de (sous-) produits animaux, de mettre fin à un statu quo. A ce jour, en l’absence de « cadre » national / européen permettant l’emploi de tel terme plutôt que tel autre, le V-Label constitue l’un des moyens les plus fiables et transparents pour guider les producteurs et les consommateurs dans leurs choix au quotidien.
Correspondant à un cahier des charges défini par un collectif d’associations végétariennes et / ou véganes, remis par ces mêmes associations, il garantit que les produits certifiés ont été contrôlés par une structure non lucrative, indépendante de tout intérêt privé. Il repose sur des définitions holistiques des termes « végétarien » et « végane » & sur un cahier des charges capitalisant sur la riche expertise des associations végétariennes et / ou véganes impliquées.  Au vu du développement du V-Label à travers le monde – avec plus de 17 000 produits certifiés à ce jour – et de son adoption par la majeure partie des acteurs concernés -plus de mille entreprises, avec des leaders comme Carrefour, Intermarché, Lidl, Biocoop, Ben & Jerry’s, Michel et Augustin, Manner…-, les équipes du V-Label disposent en effet d’une vision globale et cohérente des modes de production des articles alimentaires, de l’offre agro-alimentaire et des attentes des consommateurs.

Profiter de l’expertise d’une équipe internationale

D’ailleurs, c’est du fait de cette précieuse expertise qu’en 2016, le ministère fédéral allemand chargé de la protection des consommateurs a créé un groupe de travail comprenant ProVeg Germany (association végétarienne et végane allemande remettant le V-Label en Allemagne) pour proposer des définitions légalement contraignantes des termes « végétarien » et « végane ». A l’issue de ce travail, le ministère a soutenu une formulation basée sur les critères du V-Label.
Des critères qui pourraient d’ailleurs servir de base de travail aux Etats-Membres de l’UE s’ils se saisissent de la question dans les prochains mois, dans une logique d’homogénéisation des définitions et des pratiques.

 

(1) Les citoyens européens peuvent interpeller les Etats-Membres de l’UE et leur faire des demandes au travers d’ICE : chaque initiative citoyenne européenne repose sur le dépôt d’un dossier auprès de la Commission Européenne. Si l’initiative est soutenue par au moins un million d’Européens (au travers d’une pétition), la Commission Européenne se doit alors d’examiner la demande et d’y donner suite (ou non) en motivant sa décision.