Quand la gélatine animale s’invitait dans nos bonbons d’enfance

par L'équipe du V-Label, le 23 novembre 2018

Plus d'excuses ! L'aspect gélifié recherché peut être assuré grâce aux pectines.

Un article de Clémence Landeau

En septembre 2018, foodwatch France (1) dévoile la liste de douze articles alimentaires contenant des produits d’origine animale sans pour autant le mentionner clairement sur l’étiquette (2). Parmi eux, plusieurs références de bonbons sont épinglées puisqu’elles contiennent de la gélatine de porc. Et pourtant, aujourd’hui, cet ingrédient n’a plus lieu d’être dans nos assiettes. On vous explique pourquoi.

 

La gélatine animale, utilisée jusque dans les bonbons de notre enfance

Lors de la rentrée scolaire 2018, l’ONG foodwatch France a révélé une liste de douze produits transformés dont le packaging ne permet pas forcément de comprendre de manière claire qu’ils contiennent des substances d’origine animale. Nous avons déjà évoqué le cas du vin dont le processus de production peut impliquer l’utilisation de protéines animales, mais d’autres types d’articles sont également concernés comme le fromage (présence de présure animale (3)) ou les bonbons. Entre oursons à la guimauve et chamallows, la liste de sucreries contenant de la gélatine de porc est en effet bien longue. Et pourtant, il n’est pas toujours évident de comprendre que ces articles contiennent des substances d’origine animale. Ce genre d’ingrédient n’est pas attendu dans une sucrerie (et en effet, qui imaginerait, qui souhaiterait que les oursons en guimauve contiennent des os / peaux de porc ?). En outre, dans la liste d’ingrédients, la mention « gélatine » n’est pas automatiquement accompagnée de sa nature (porcine, bovine, etc).

La gélatine : comment, pourquoi ?

Pour rappel, la gélatine est obtenue à partir des os et peaux des animaux prélevés : porcs, bovins ou poissons.
Cet ingrédient d’origine animale a réussi à se faire une place dans l’industrie agro-alimentaire de par ses propriétés. Dans les bonbons, la gélatine sert de gélifiant et / ou d’épaississant. Dans d’autres types de références comme les produits allégés (voir la campagne de foodwatch à ce sujet), c’est pour la création de texture et la sensation de gras qu’elle simule que la gélatine est employée.
L’ingrédient est désormais largement utilisé par les industries, mais est-il pour autant irremplaçable ?

La nouvelle génération de bonbons cruelty-free

Vous les avez peut-être déjà aperçus en rayon ou sur des sites de vente de produits véganes, ces paquets de bonbons étiquetés « végétariens », « cruelty-free » ou encore certifiés V-Label véganes… Les industriels prennent peu à peu conscience de l’évolution des représentations et des attentes des consommateurs, faisant évoluer leurs produits en conséquence. L’une des plus iconiques marques de bonbons, Haribo, a ainsi dédié une section spéciale de son site internet à la liste de ses sucreries végétariennes. Plus récemment, la marque Not Guilty a sorti cinq références de succulents bonbons totalement exempts de gélatine d’origine animale. Quatre de ces références sont même véganes. L’aspect gélifié est assuré grâce aux pectines (issues de fruits et légumes) et l’aspect lustré par la cire de carnauba.

Pour la fondatrice de Not Guilty (également directrice de la marque N.A! par exemple), Marie Jacoberger, il s’agit d’un choix délibéré, inscrit dans une démarche éthique plus globale. Les produits de la marque – par ailleurs membre du mouvement mondial 1% pour la planète-, en plus de ne contenir ni gélatine animale, ni arômes artificiels, sont biologiques. Leur positionnement en grande distribution les rend accessibles au plus grand nombre; réconciliant dans le même temps plaisir occasionnel et consommation responsable. Permettant de répondre à une aspiration désormais transgénérationnelle : celle de mieux manger. Et nous rappelant qu’il n’y a plus de raison de sacrifier d’animaux sur l’autel du goût.

 

(1) Organisation non gouvernementale. Lanceur d’alerte et contre-pouvoir qui plaide pour une alimentation saine et abordable, ainsi que pour plus de transparence dans et de la part de l’industrie agro-alimentaire.
(2) foodwatch France, « Insectes, porc et bœuf cachés dans nos aliments : foodwatch épingle 12 aliments peu ragoûtants« , 19 septembre 2018.
(3) La présure animale provient de l’estomac des veaux et suppose leur mise à mort.