Micro-algues, méga pouvoirs

par L'équipe du V-Label, le 16 octobre 2018

Des micro-organismes aux pouvoirs si prometteurs… Saveur, texture, apports nutritionnels : les raisons sont nombreuses pour "adopter" les micro-algues !

Propos recueillis par Clémence Landeau, initialement publiés dans la revue Alternatives végétariennes (n°133 – automne 2018).

Odontella, The Good Spoon, Inno… Nombreuses sont les « petites pousses » qui parient aujourd’hui sur les (micro) algues comme la chlorelle ou la spiruline. Avec raison. Après avoir révélé les projets de sa société, Odontella, dans un précédent article et numéro de la revue Alternatives végétariennes (n°132 – été 2018), Alain Guillou dévoile ici toutes les richesses que recèlent ces organismes pourtant encore si méconnus.

Pourriez-vous nous expliquer d’où vient la saveur « marine » de votre SOlmon végétal marin® ?

Il faut savoir que les microalgues et les algues marines sont les organismes à la base des réseaux trophiques alimentaires des océans. Elles fabriquent de novo les molécules complexes : pigments caroténoïdes et antioxydants, acides gras polyinsaturés à longues chaînes de carbone de la famille des oméga-3, vitamines, protéines complètes, etc. Pour être plus précis, les microalgues marines produisent les acides gras polyinsaturés, dont l’EPA et le DHA, qui participent grandement à la saveur et au goût que l’on retrouve dans les poissons et les fruits de mer. Les animaux les accumulent dans leurs tissus au travers des chaînes alimentaires des milieux marins.
Pour notre SOlmon végétal marin®, le travail intensif de Recherche et développement s’est déroulé pendant plus 15 mois en collaboration avec le Centre de ressources technologiques AGIR, à Pessac (33), spécialisé dans le développement et l’appui technologique aux entreprises du secteur alimentaire. Par la suite, le transfert du procédé et la mise à l’échelle de la production ont été réalisés chez notre partenaire industriel, le Groupe AROM d’Eysines (33).

Comment l’idée de valoriser une ressource si méconnue – la microalgue – et pourtant si prometteuse, est-elle née ?

Trois des quatre cofondateurs de Odontella [Claude Gudin, Pierre Calleja, et Alain Guillou, ndlr] sont des scientifiques experts des microalgues. À la suite de nombreuses discussions entre nous, il nous est apparu évident que le temps était venu d’utiliser l’immense potentiel nutritionnel des microalgues et des algues marines dans l’alimentation des humains. Les microalgues marines et plus précisément, Odontella aurita, produisent des protéines complètes (possédant les neuf acides aminés essentiels), des vitamines, des pigments et des antioxydants puissants mais surtout des acides gras polyinsaturés de la famille des oméga-3 (EPA et DHA). Ces molécules au fort potentiel anti-inflammatoire sont impliquées dans le maintien du bon fonctionnement du système nerveux central (cerveau), de la vision et du système cardiovasculaire.
L’utilisation d’algues marines comme nourriture ou comme source d’ingrédients est très récente en Europe. L’incorporation de microalgues dulcicoles (spiruline et chlorelle) dans des pâtes, du pain ou des biscuits est au tout début de son histoire tandis que celle des microalgues marines est encore à écrire.

Quelles sont les (autres) fonctions des microalgues ?

L’immense intérêt des microalgues comme source de nutriments de grande qualité, très faiblement contaminés par la bioaccumulation de métaux lourds, pesticides, hydrocarbures et autres polluants est évident. Il faut ajouter à cela que la culture et la production de ces organismes marins n’a aucun effet négatif sur la biodiversité et l’environnement marin. Au contraire, comme tous les organismes photosynthétiques, leur croissance est associée à l’absorption du CO2 atmosphérique, de nutriments dissous dans le milieu et de lumière.

[Crédits photo : Odontella]