SOlmon végane d'Odontella

Produits de la mer : la révolution végétale se poursuit avec Odontella

par L'équipe du V-Label, le 12 juillet 2018

Crevettes, coquilles Saint-Jacques, darnes de saumon en version végétale : les microalgues révolutionnent nos manières de consommer

Propos recueillis par Clémence Landeau, initialement publiés dans la revue Alternatives végétariennes, n°132 – été 2018.

 

Alain Guillou, biologiste, docteur en nutrition et directeur scientifique au sein de la société Odontella, revient sur le récent lancement d’une gamme agro-alimentaire végétale aux saveurs marines, qui fait la part belle aux algues et microalgues.

 

Votre présence au salon Veggie World de Paris, en avril dernier, a été particulièrement remarquée, du fait de la présentation de votre nouveau produit, le SOlmon végétal marin. Quelles sont ses caractéristiques ?

Chez Odontella, nous avons pour objectif d’utiliser les algues et microalgues marines dans l’élaboration d’aliments pour tous et ce dans de nombreux segments agro-alimentaires (boissons, condiments, aliments préparés, etc.). Le Solmon végétal marin® est le premier produit d’une gamme marine à venir. Le cahier des charges a été élaboré par les dirigeants de la société pour obtenir un simili-saumon fumé végétal se rapprochant au mieux des caractéristiques organoleptiques (odeur/goût, texture et couleur) d’une tranche de saumon sauvage fumé ou identifié « label rouge ».

 

Vous avez également réussi à développer des boissons, des yaourts lacto-fermentés et du thon végétal à partir de cette ressource. Où ces produits sont-ils distribués ?

Une gamme de trois saveurs d’une boisson à base de lait végétal contenant une huile de microalgue très riche en DHA est en phase de validation commerciale et sera commercialisée à la rentrée. Parallèlement, nous développons actuellement une gamme marine de produits végétaux. La R-D [recherche et développement, NDLR] sur le CaviAlg® (inspiré des œufs d’esturgeon et de saumon) est terminée ; nous sommes au début de la phase de production à l’échelle commerciale. Le CaviAlg® devrait être commercialisé au courant de l’été, en commençant par le réseau des épiceries végéta*iennes et des enseignes spécialisées. Les travaux de R-D sont aussi engagés depuis quelques temps sur une crevette et une noix de coquille Saint-Jacques végétales. Nous comptons les commercialiser en octobre ou novembre 2018. Les repas des prochaines fêtes de fin d’année seront probablement plus riches en aliments d’origine végétale et marine. Depuis quelques semaines, la R-D sur des darnes de saumon et de thon rouge à cuisiner contenant des microalgues et certains de leurs extraits a été activée. Nous ciblons une sortie commerciale début 2019.

 

Avez-vous une idée du profil de vos consommateurs et des personnes intéressées par vos produits ?

Pour le moment, ce sont naturellement les végétaliens et végétariens qui forment le plus grand nombre des clients que nous visons. Néanmoins, à la lumière de très nombreux commentaires positifs de la part de flexitariens lors des deux salons VeggieWorld (Paris et Bordeaux), nous pensons sincèrement que ce groupe de consommateurs en très forte croissance en France sera de plus en plus nombreux à vouloir utiliser nos produits comme alternative intéressante à la consommation de poissons et de fruits de mer. La pierre angulaire de l’élargissement de notre clientèle de base au plus grand nombre sera la grande qualité organoleptique de nos produits associée à l’apport de molécules à fort intérêt nutritionnel (EPA, DHA, vitamines, antioxydants, minéraux, protéines complètes, etc.).

 

Quels sont vos projets pour le futur : développement de la gamme, exportation… ?

Nous sommes aussi dans une démarche plus large de développement d’un nouveau concept de présentation d’aliments contenant des algues et des microalgues marines couvrant de nombreux segments de produits alimentaires. Enfin, nous comptons exporter nos produits dans les pays européens dans les meilleurs délais. Nous devrions être présents dans les pays limitrophes de la France avant la fin de l’année. Puis élargir nos exportations de produits en 2019 vers des pays situés en dehors du marché commun européen, tels que le Canada, les États-Unis et le Japon comme premières cibles internationales. Nous sommes déjà en discussion avec des sociétés et des distributeurs potentiels.