Burger végane

Gare aux produits veggie transformés ?!

par L'équipe du V-Label, le 23 mai 2018

Le procès intenté aux produits veggie transformés: généralisation, exagération et manque de représentativité dans les exemples.

Rédigé par Clémence Landeau

Produits ultra-transformés, trop distinctifs ou trop chers… Les végéta*iens et véganes essuient couramment des reproches quant à la nature de leurs choix de consommation alimentaire. L’arrivée massive de plats préparés végéta*iens et d’alternatives végétales à la viande, au lait ou aux fromages sur le marché, bousculant le paysage de l’agro-alimentaire, suscite en effet interrogation et scepticisme. En janvier 2018, le magazine 60 millions de consommateurs a ainsi analysé la composition et le prix de produits transformés véganes pour y voir plus clair. Conclusion ? Les produits véganes seraient plus chers, plus transformés et pas forcément plus sains que leurs homologues classiques.

 

Attention aux généralités

Les magasins spécialisés et les grandes surfaces distribuent des produits véganes (ultra-)transformés qui ne sont pas automatiquement plus sains que leurs équivalents non-végétariens, certes. Néanmoins, le panel de produits soumis à la loupe du magazine de protection des consommateurs reste relativement réduit par rapport à la diversité de l’offre désormais existante, et ne représente pas significativement cette dernière. Dans l’analyse, qui se limite à 9 produits véganes, le fromage râpé et la pizza sélectionnés contiennent respectivement 12 et plus de 30 ingrédients. L’article omet de mentionner l’existence de produits véganes beaucoup plus simples, telles les alternatives végétales au fromage de La petite Frawmagerie, Happy Cheeze ou encore Soyatoo. Aux côtés de produits dont la liste d’ingrédients est assez bavarde, un consommateur végé-curieux ou convaincu peut dans les faits trouver des préparations exemptes d’additifs, exclusivement préparées avec des produits naturels. Hari & Co, avec ces boulettes et steaks de légumineuses, Sud’n’Sol avec ses galettes végétales, mais aussi BPC Kambio (Jardin Bio, Carte Nature) armé de ses produits composés à partir d’ingrédients bio, font partie de ces entreprises qui ne sacrifient ni le goût, ni la naturalité de leur offre. Des innovations saines et convaincantes, puisqu’Hari & Co a déjà pu servir 750 000 repas en restauration commerciale et collective en 20171.

 

Le véganisme : entre alimentation « santé » et « plaisir »

Le procès pointant du doigt des produits transformés véganes est injuste parce qu’il ne prend pas en compte la complexité du réel en n’étudiant qu’une part non représentative de l’alimentation végétale. Injuste, aussi, parce que bien qu’une association soit souvent faite par les consommateurs et les producteurs entre le véganisme et la santé, tous les produits véganes ne se destinent pas ouvertement à représenter un « produit santé » pour les consommateurs.
Injuste, enfin, parce qu’il oublie que ces articles – tout comme leurs voisins composés de viande ou de fromage – ne sont pas destinés à une prise quotidienne mais à une consommation « plaisir » occasionnelle. Réduire le végéta*isme et le véganisme à la liste des produits sélectionnés par 60 millions de consommateurs revient à stigmatiser un omnivorisme limité à l’achat de pizzas surgelées et de steak frites.

L’alimentation végéta*ienne est bien plus riche et diversifiée ; au point qu’elle n’ait d’ailleurs pas besoin de recourir quotidiennement à des produits transformés !

 

[Crédits Photo: Jannis Brandt, Unsplash]

  1. Lydie Anastassion, « Le Boucher Vert poursuit son développement et devient Hari&Co », Restauration 21, [mis en ligne le 28.03.2018] : http://www.restauration21.fr/restauration21/2018/03/le-boucher-vert-poursuit-son-développement-et-devient-harico.html